Histoire

À propos du Club

“Whereas the persons hereinafter named, with a large number of others in Quebec and elsewhere in the Province of Canada, have associated themselves for the establishment of a Club for social purposes, and whereas certain of the said hereinafter named persons have prayed to be incorporated by the name of the “Rideau Club,” of the City of Ottawa, and it is expedient to grant their prayer Therefore, Her Majesty by and with the advice and consent of the Legislative Council and Assembly of Canada enacts …”:

C’est par ces mots que débute l’histoire du Rideau Club le 18 septembre 1865, soit 22 mois avant la confédération et un mois avant l’établissement de l’administration du gouvernement fédéral à Ottawa.

L’idée de former le Club vint de sir John A. Macdonald et de sir George-Étienne Cartier ainsi qu’entre autres, l’honorable Hector Langevin, l’honorable D’Arcy McGee, l’honorable M. Laframboise et sir Casimir Gzowski. Le premier président du Club fut sir John A. Macdonald, qui deux ans plus tard, devint premier ministre du Dominion du Canada. Bien que les premiers procès-verbaux du Club remontent à 1867, il y a fort à parier qu’un grand nombre de discussions qui ont mené à la confédération se soient tenues dans l’enceinte du Club.

Dès sa création, le Club compte des personnalités distinguées, tradition qui se poursuit de nos jours. Outre sir John A. Macdonald, deux autres premiers ministres, le très honorable sir Robert Borden, CP, GCMG et le très honorable Lester B. Pearson, CP, CC, OM, OBE devinrent président du Club.

Aujourd’hui, la Gouverneure générale du Canada, le Premier Ministre, le Président du Sénat, le Président de la Chambre des communes et le Juge en chef de la Cour suprême du Canada sont membres honoraires du Club.

Tout au cours de son histoire, le Rideau Club fut l’hôte d’un grand nombre de dignitaires en visite au Canada. Par exemple, le 21 septembre 1901, le Club fut l’hôte de Son Altesse Royale, le duc de Cornwall et de York qui devint plus tard Sa Majesté le Roi George V. Plus récemment, Son Altesse Royale le prince Philip, duc d’Édimbourg, a aussi visité le Club, tout comme des gouverneurs généraux et des premiers ministres.

Le premier édifice permanent du Club fut érigé en 1875, mais celui-ci ne suffisait plus à l’accroissement du nombre de membres dès 1911. C’est ainsi qu’un nouvel édifice vu le jour à l’angle des rues Wellington et Metcalfe en 1911, lieu de rencontre des membres jusqu’à l’incendie dévastateur de l’élégant édifice en 1979. Le Club s’est par la suite installé au 15e étage du 99 rue Bank, où il se situe encore aujourd’hui.

Le Club est fier de son rôle « d’archiviste » d’une portion de l’histoire politique et commerciale du Canada. Une grande partie des documents originaux faisant partie des archives du Club ont tristement disparu lors de l’incendie de 1979, mais le Club poursuit sur sa lancée – d’agir à titre de gardien de l’actualité.

Histoire

Chronologie

Ville forestière dure

1820

À l’époque, Ottawa avait la réputation d’une ville forestière dure et animée.

 

Des tavernes à tous les coins de rue

1860

La ville comptait plusieurs tavernes, brasseries, pensions et autres établissements moins règlementés.   

La fondation du Rideau Club

1865

L’objectif du Rideau Club : offrir un endroit respectable où il fait bon de prendre un repas et un verre en jouant au billard ou aux cartes en compagnie d’hommes distingués.

Le projet de loi reçu la sanction royale du Gouverneur général le 18 septembre 1865, moins d’un mois suivant son dépôt à l’Assemblée législative.

Le nom de treize « pères de la confédération » se trouve sur la demande originale d’incorporation du Rideau Club.

L’empressement des élus s’explique probablement par le fait que parmi les 63 requérants, 34 faisaient partie de l’Assemblée législative, dont le président, et 10 siégeaient au Conseil législatif.

Au départ, le Club offrait trois catégories de membres : régulier, privilégié – demeurant à plus de 8 kilomètres d’Ottawa – et honoraire – le Gouverneur général et autres dignitaires.

Le Club a tout d’abord eu pignon sur rue au 200 rue Wellington, dans une partie inutilisée de l’hôtel Doran.

La Confédération du Canada

1867

Les colonies britanniques du Canada, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick forment ensemble le Dominion du Canada.

Le Queen’s Restaurant

1869

Le Club s’installa ensuite au Queen’s Restaurant, à l’angle des rues Wellington et Metcalfe.

La quasi-fermeture du Club

1871

Le Club faillit fermer ses portes en 1871. Le coût d’adhésion d’un membre était passablement élevé, soit 80 $ de droits d’adhésion et 20$ de cotisation annuelle, alors que le salaire familial s’élevait à 250 $ par année à l’époque. Le Club fit face à bien des difficultés financières à ses débuts et dut vendre des meubles et des bouteilles de vin pour couvrir ses dépenses.

L’achat du 84 rue Wellington

1875

Le Club fit l’achat d’un édifice de l’ère victorienne situé au 84 rue Wellington de William Topley, photographe de grande renommée, pour la somme de 4000 $.  Le Club y restera jusqu’en 1979.

L’achat d’une propriété adjacente

1887

Le Club s’est porté acquéreur d’une autre propriété sur la rue Wellington.

L’expansion du Club

1890

Pour la première fois, le Club s’est agrandi.

Tentative d’assassinat

1897

Le 17 octobre 1897, membre du club, Berkley Powell fit échouer une tentative d’assassinat intentée contre sir Wilfrid Laurier alors que Ferdinand Carrier de Rimouski, se rendit à Ottawa, une arme à la main, et se présenta devant le Rideau Club en hurlant «  Je cherche sir Wilfrid Laurier et je vais le tuer! »

Nouvelle expansion du Club

1905

Le Club prend à nouveau de l’expansion.

L’expansion du Club

1911

Pour la troisième fois, le Club prend de l’ampleur et atteint maintenant près de 5110 mètres carrés.

Le rejet d’une salle à manger pour les dames

1923

Membre visionnaire du Club, D’Arcy Scott proposa la création d’une salle à manger pour les dames au Club bien avant le jugement déclarant que les femmes étaient des personnes. Cependant, lors de l’assemblée générale annuelle de 1923, qui fit l’objet du plus grand rassemblement de membres, la proposition fut rejetée.

La présence des femmes

1950

L’accès à la maison-club était dorénavant permis aux invitées.

L’abolition du blackboulage

1964

Pratique plutôt rare, avec seulement 40 rejets de candidatures documentés, le blackboulage des candidats à l’adhésion constituait une pratique acceptable jusqu’en 1964.

Un salon pour les dames

1964

Le Club aménagea finalement un salon pour les dames.

La bataille juridique avec le Parlement

1972

En 1972, le Club apprend que le gouvernement fédéral prévoit d’exproprier la maison-club pour agrandir la Cité parlementaire et y construire un nouvel édifice du Parlement.

La couronne acquiert les droits de propriété des lieux en décembre 1973 après une longue bataille juridique.

En septembre 1978, le Club déposa une requête en Cour fédérale exigeant la somme de 7 190 000 $ pour l’immeuble et le terrain.

Il fut difficile de trouver un juge de la Cour fédérale pour entendre cette cause puisque la majorité d’entre eux étaient membres du Club.

Ce nouveau bloc n’est toujours pas érigé!

La première femme à devenir membre

1979

En août 1979, Jean Pigott, politicienne bien connue et femme d’affaires accomplie d’Ottawa, fut la première femme à devenir membre du Club. Malheureusement, son adhésion se fit seulement à la suite d’une manifestation de femmes de la région devant la porte du Club, geste qui a motivé la décision du gouvernement à ne pas tenir d’événement officiel au Club tant et aussi longtemps que les femmes n’y seraient pas admises.

Incendie de la maison-club

1979

Un incendie dévastateur eut lieu le 23 octobre 1979, réduisant la maison-club en cendres et ce, juste avant l’audition d’expropriation devant les tribunaux.

Il reste très peu de cette époque : on a pu préserver les portes d’entrée du Club, le fronton sculpté qui arborait le sceau original du Club et son insigne, qui portait les armoiries et la date de fondation, de même que quelques ustensiles, de la porcelaine et une sculpture inuite.

On s’est rapidement mis à l’œuvre pour trouver un nouveau site permanent, mais entretemps, le Club se logea pendant plus de quatre ans dans une suite du Château Laurier.

L’achat au 99 rue Bank

1983

La recherche pour un nouvel emplacement porta sur pas moins de 26 sites potentiels, notamment le vieil hôtel Berkley sur la rue Slater, le deuxième étage du haut-commissariat de Grande-Bretagne sur la rue Elgin, le dernier étage de l’hôtel Skyline ainsi que l’espace au-dessus du stationnement du Château Laurier.

L’immeuble situé au 99 rue Bank ne faisait pas partie des options viables au départ. Cependant, à mesure que les écueils associés aux autres options faisaient surface, on a déterminé que l’immeuble de la MetLife constituait le meilleur endroit pour accueillir le Club.

À la fin de l’année, le Club avait acheté le 15e étage de l’immeuble, un espace totalisant plus de 2500 mètres carrés avec une vue prenante du Parlement.

La réouverture du Rideau Club

1984

Un comité spécial fut mandaté avec la tâche monumentale de transformer un espace industriel dénudé en un Club distingué. La nouvelle résidence du Rideau Club ouvrit officiellement ses portes le 27 août 1984.

Le Club déboursa 5 250 000 $ pour l’espace et un montant additionnel de 2 850 000 $ pour aménager et meubler l’intérieur.

On importa un chandelier d’une valeur de 28 000 $ de Grande-Bretagne; Charlie Marshall, un ébéniste local, conçut 12 colonnes emblématiques en érable; l’éclairage de la salle à manger fut conçu par Phil Gabriel, maître éclairagiste de grand renom; Yousuf Karsh, l’un des plus célèbres photographes du Canada, fit don d’une partie de son importante collection de portraits; son frère Malak contribua aussi au Club.

L’acquisition d’une machine à expresso

1989

Il a fallu deux ans de discussions pour se procurer une machine à expresso.

Des problèmes financiers à l’horizon

1990

Le Canada est aux prises avec des problèmes financiers; le Club perdit 25 % de ses membres et trois autres clubs d’Ottawa fermèrent leurs portes.

La redynamisation du Club

1993

Un groupe de travail « Vision 150 » fut mis sur pied pour examiner la viabilité à long terme du Club, élaborer un plan d’action et revoir ses politiques et pratiques. Le travail du comité s’est avéré crucial à la redynamisation du Club alors que des institutions semblables disparaissaient à travers le Canada.

Un sondage exhaustif des membres a mené à l’introduction des droits d’initiation réduits pour les plus jeunes membres (en dessous de 35 ans), à la baisse des cotisations annuelles, à l’amélioration de la qualité et des services de restauration et à l’amélioration de la carte des vins.

Le premier déjeuner-causerie

1995

Yousuf Karsh fut le premier conférencier à prendre la parole lors d’un déjeuner-causerie.

À la découverte des vins

1996

On a mis sur pied un programme éducatif sur les vins et présenté les premiers vins maison portant l’étiquette du Club.

Une place au bilinguisme

1998

Le Club entreprend des efforts concertés pour y introduire le bilinguisme.

Les nouvelles armoiries du Club

2000

À la suite du travail acharné pendant deux ans d’un sous-comité spécial, le Club a conçu un nouvel insigne, un drapeau et de nouvelles armoiries. Le 18 septembre 2000, le héraut d’armes du Canada concéda les nouvelles armoiries et délivra une proclamation officielle au nom de la Couronne au Canada.

  • Le bouclier bleu symbolise la rivière Rideau.
  • Le chevron doré représente le Club et l’abri qui se situe sous son toit.
  • Le segment blanc représente les chutes Rideau : le « Rideau blanc » tel qu’originalement décrit par Samuel de Champlain.
  • Le disque blanc représente une table ronde, emblématique de la nature sociale du Club et des échanges et des discussions autour d’une table.
  • La feuille d’érable rouge symbolise le Canada.
  • La Couronne royale reconnaît la contribution des membres à la société canadienne et la longue tradition de l’adhésion des Gouverneurs généraux au Club.
  • Le phénix représente le Club qui renaît des cendres de l’incendie qui détruisit son emplacement historique.
  • La fleur de trille et la fleur de lys représentent l’Ontario et le Québec, lieu de résidence de la plupart des fondateurs du Club.
  • Le lion s’inspire des armoiries de sir John A. Macdonald, un des deux cofondateurs du Club.
  • L’hermine s’inspire des armoiries de sir George-Étienne Cartier, un des deux cofondateurs du Club.
  • La devise – Savoir Faire * Savoir Vivre – résume la philosophie sociale du Club.

L’informatisation des finances

2001

Les membres du Club peuvent désormais s’acquitter de leurs factures par carte de crédit Visa et MasterCard et le Club informatise ses finances.

Le lancement du site Web

2003

Le site Web du Rideau Club voit le jour, de même que le rajeunissement de la bibliothèque.

La première femme membre honoraire à vie

2004

L’honneur d’être la première femme à devenir membre honoraire à vie revient à Jean Pigott. Le Club comptait alors 65 femmes parmi ses membres.

Le 140e anniversaire

2005

Le Club a rénové la salle Pearson et a célébré son 140e anniversaire lors d’un grand gala.

Le hamburger Rideau Club

2008

Le Rideau Club inaugure son hamburger qui suscita beaucoup d’attention, y compris une page complète dans l’Ottawa Citizen.

L’arrivée du Wi-Fi

2012

On a installé un réseau d’accès sans fil dans toutes les aires du Club.

Les iPads à votre service

2013

Les membres peuvent se servir des iPads à la bibliothèque et d’un iMac dans la salle de billard.

Le 150e anniversaire

2015

Le Club célèbre ce jalon mémorable lors d’un grand gala à cravate noire.

Le Club a toujours sa place

2018

L’appartenance au Rideau Club conserve toute sa pertinence. Les interactions sociales, les occasions de rencontrer des gens et d’apprécier la compagnie de ses pairs – des qualités humaines indémodables – sont d’autant plus importantes en cette ère technologique qui semble préconiser l’effondrement des contacts humains.